La belle histoire de Mathilde, la remontée du burn-out en freelance

Lorsque j’ai commencé mon activité de freelance, je m’imaginais déjà un quotidien idéal, passionnant et épanouissant. Et je pense que c’est l’image que beaucoup ont de la vie d’un freelance. La vérité, c’est que tout n’est pas rose. Etre indépendant, c’est avant tout des hauts et des bas émotionnels plutôt violents qui peuvent mener au burn-out. Si tu n’as pas la détermination et la force de caractère nécessaire, il te faudra l’adopter très rapidement. 💪

Dans son portrait, Mathilde, 29 ans, revient sur ses 5 ans en tant que graphiste et illustratrice indépendante (entre autres). Et non, elle ne vous parle pas que de l’épanouissement d’exercer un métier-passion. Elle évoque aussi les périodes plus difficiles et son burn-out, en toute transparence. 

Mathilde, freelance en graphisme et illustratrice (entre autres).

Un enchaînement de CDD en graphisme

Le parcours de Mathilde commence en Belgique, où elle a eu son Bac à l’Institut St Luc de Tournai. Ensuite, elle enchaîne avec une maîtrise de concepteur-réalisateur 3D dans une école en métropole lilloise (c’est chez moi !). Malheureusement, à la fin de ses études, Mathilde ne trouve que des stages dans le domaine de la 3D. 👩‍🎓

Après quelques jobs alimentaires pour commencer à rembourser ses études supérieures, Mathilde trouve son premier CDD en tant que graphiste print dans l’électroménager. “Comme je connaissais uniquement la base des logiciels qu’ils utilisaient (la suite Adobe), et encore, pas tous (j’ai fait semblant pour certains, notamment InDesign) et que je ne connaissais pas du tout les techniques, et bien j’ai appris sur le tas”.

Finalement, Mathilde se passionne pour ce métier et enchaîne, comme beaucoup de jeunes, une succession de CDD en graphisme. “Puis, fatiguée d’être baladée d’une entreprise à une autre sans obtenir le Saint Graal « CDI » (« tu comprends, les temps sont durs », disaient-ils), j’ai décidé de lancer ma micro-entreprise”. Elle se décide à la suite d’une proposition d’un ami pour réaliser des illustrations de goûters pour enfants. 🍪

La vérité sur ses débuts en freelance

Son lancement en freelance offre à Mathilde l’opportunité de travailler sur des projets créatifs. Elle n’a plus l’ombre d’une date de fin de CDD qui la suit partout. Cela lui donne également l’occasion de s’essayer à l’illustration de manière professionnelle ! 

“J’ai lancé mon activité de graphiste print en tant que micro-entrepreneure en proposant mes services aux entreprises qui m’employaient auparavant, et j’ai également lancé mon activité d’illustratrice en tant qu’artiste-auteure en proposant des portraits pour particuliers”. Au début, Mathilde utilise un pseudonyme afin d’éviter les remarques négatives de son entourage. “J’avais peur que des fantômes de mon passé viennent m’embêter, dire que je n’avais aucun talent et que je ferais mieux d’arrêter (bonjour syndrome de l’imposteur)”.

En 2017, elle décide de lancer son blog et sa boutique Etsy. Ces nouveaux projets lui permettent de gagner en confiance et de travailler sous son vrai nom. Tout semble se passer pour le mieux. 😍

Pourtant, en Avril 2019, Mathilde fait un burn-out. “J’ai été dans l’obligation de lâcher un de mes clients dans le graphisme, pour diverses raisons. Ajoutez à ça un combat avec les banques pour devenir propriétaire et, un jour, je n’ai juste plus su me lever car je trouvais que beaucoup de choses étaient injustes vis à vis de ces statuts”.

A la suite de son burn-out, Mathilde décide de revoir sa situation professionnelle et envisage même de tout lâcher. Et pourtant, aujourd’hui, elle cumule 3 statuts. Elle est à la fois auto-entrepreneure, artiste-auteure et contractuelle dans la fonction publique ! “J’ai décidé de reprendre un contrat de salariée en temps partiel en tant que graphiste et community manager (je découvre !) dans la fonction publique, depuis décembre 2019. J’avais besoin d’avoir un peu de stabilité au quotidien”. 🙏

“J’ai fait du tri dans mon entourage, j’ai une maison avec un bureau rien que pour moi (❤), un jardin et le moral revient petit à petit”.

Depuis son burn-out, Mathilde a trouvé le bon équilibre professionnel.

Dire la vérité sur le freelancing

A travers son parcours, Mathilde souhaite aujourd’hui témoigner de l’ignorance de certaines personnes vis-à-vis de la réalité d’un freelance. Beaucoup méprisent aujourd’hui ce statut par simple méconnaissance. “Ce n’est pas un vrai métier”, “ce statut a été créé uniquement pour que les salariés puissent faire des heures supplémentaires”, “ça te gêne pas de vivre sous un statut de dépannage ?”, etc. Voilà le genre de remarques que Mathilde ou tout autre indépendant peut entendre très souvent. 🙄

En effet, les détracteurs du freelancing sont nombreux. Et c’est souvent “pour rire”. Mais cela a de réelles conséquences sur l’état moral des indépendants. Imaginez accumuler au quotidien un travail acharné, des difficultés administratives liées au statut et un sérieux manque de reconnaissance. Ainsi, vous toucherez du doigt une infime partie de la réalité d’un indépendant. 

“Ce sont quand même des statuts plutôt ingrats et on se retrouve parfois totalement seul à mener notre barque, donc le moral en montagne russe fait partie du quotidien”. C’est la raison pour laquelle un freelance doit se forger un caractère résistant et déterminé. Cela est essentiel pour faire face aux critiques, aux clients non-reconnaissants et aux prospects irrespectueux. (parce que, oui, ça fait aussi partie du jeu)

Bien s’entourer pour se lancer

“Si j’ai un conseil à donner, c’est de ne pas écouter les gens négatifs qui ne sont pas passés par là et qui jugent sans connaitre. Entourez-vous de personnes qui vous soutiennent ou vous donnent des avis constructifs, ou encore de personnes qui, même si elles ne comprennent pas, font au moins l’effort de ne pas vous juger gratuitement. Ça existe, si, si”. 🤝

Voilà le conseil que donne Mathilde après plusieurs années en freelance. Choisissez avec attention les conseils que vous pouvez écouter et ceux qu’il faut tout simplement ignorer. Ne demandez pas à votre cousin casanier si c’est une bonne idée de se lancer en freelance. Posez plutôt la question à votre tante qui a tout lâché pour partir travailler en Australie, par exemple.

“Si tu as envie de te lancer en tant que freelance et que tous les feux sont au vert pour ça, et bien vas-y ! C’est en partie à cause de ce genre de personnes négatives qu’un jour, j’ai eu envie de tout lâcher, alors que je pense être quelqu’un de combatif et de passionné par mon travail”.

Malgré toutes ses difficultés rencontrées au quotidien par un freelance, je reste convaincue qu’il s’agit d’une aventure incroyable que vous ne devriez pas avoir peur de tenter. Vous apprendrez à réagir vis-à-vis de ces problématiques. Et surtout, vous trouverez le soutien d’un réseau bienveillant et inspirant. 🌞

Un immense MERCI à Mathilde pour nous avoir partagé son parcours en toute transparence. Vous pouvez retrouver ses jolies illustrations sur son site ici !

Vous souhaitez témoigner de votre parcours sur ce blog ?

C’est possible ! 🤝

3 réponses sur “La belle histoire de Mathilde, la remontée du burn-out en freelance”

    1. Merci Alexandre ! En effet, le témoignage de Mathilde nous donne un autre aperçu de la vie de freelance. J’espère qu’il aidera certains à se sentir moins seuls 🙂

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