La belle histoire d’Axelle, ou quand l’autisme devient une force en freelance

Vous savez comme parfois la nature fait bien les choses ? Certains appellent ça le destin. Et bien le destin, c’est quand je contacte par hasard Axelle un 2 avril. Je ne sais pas qu’Axelle est atteinte d’autisme. Et je ne sais pas non plus que le 2 avril est la journée mondiale de l’autisme. Mais quand les choses s’alignent comme ça, naturellement, nous n’avons plus qu’à suivre le chemin qu’elles nous montrent. 

Me voilà donc à rédiger le portrait d’Axelle. Je découvre ses réponses dans mon petit questionnaire. Et je fais face à un problème. Ses réponses sont parfaites. Je n’ai qu’une envie, c’est vous faire un copié-collé de ce qu’elle m’a écrit. Cet article va donc certainement être très fourni en citation car je ne veux pas vous faire manquer une miette du talent d’Axelle. 

Axelle est atteinte d' autisme, et c'est sa plus grande force en tant que freelance !

Axelle, l’histoire d’une freelance atteinte d’autisme

Un parcours troublé par un diagnostic tardif de son autisme

Axelle a 24 ans et elle est aujourd’hui freelance. Mais cela est le résultat de plusieurs années à chercher ce “qui [l’]’empêchait de travailler comme les autres”. 

En effet, avant que son autisme ne soit diagnostiqué, Axelle s’est cherchée dans différentes professions sans jamais trouver pleinement sa place. Elle a commencé à travailler en 2014 dans le marketing physique. Elle partageait son temps entre une activité de freelance et l’autre dans la vente de cigarettes électroniques. Mais la relation commerciale l’épuisait. 

“On m’a baladée de diagnostics en diagnostics. Tantôt schizophrène, tantôt borderline. Tous les médecins étaient catégoriques : j’étais foutue. Il fallait envisager la tutelle et faire une croix sur le monde du travail. On m’a prescrit des neuroleptiques avec lesquels j’étais si confuse que je perdais mon aspirateur en faisant mon ménage…. Il m’a fallu beaucoup lutter pour montrer qu’ils se trompaient.”

Dans le même temps, Axelle obtient une licence de psychologie, prouvant ainsi qu’elle est capable de réussir. Elle se spécialise dans les neurosciences, la psychologie cognitive et les statistiques appliquées aux sciences humaines. Et la voilà donc repartie en marketing, avec une nouvelle légitimité. 

Son métier ? « Une fouine à émotions »

Que fait-elle aujourd’hui ? “Mon métier, c’est d’être une fouine à émotions. C’est la façon la plus simple pour expliquer ce que je fais”. Accompagnez cela d’un sens profond de l’ordre et vous retrouvez Axelle ! “Mon cerveau capte immédiatement les systèmes implicites et la cohérence en chaque chose. En tant qu’autiste, je suis très attentive au détail”. 

Et pour couronner le tout, Axelle est synesthésique : ses sens se mélangent. “Ma synesthésie est heuristique et cénesthésique. C’est chiant à dire. Mais en gros, mon cerveau explore les concepts et les systèmes comme s’ils étaient mon propre corps. Ainsi, chaque parenthèse ouverte dans un texte me fait l’effet d’une pression qui m’empêche de respirer normalement. Les textes sont des chemins sur lesquels mon esprit glisse. La moindre incohérence est perçue comme râpeuse ou me donne le mal de mer”.

Vous comprenez maintenant pourquoi je voulais vous copier-coller ses réponses ? Comment puis-je, légitimement, retranscrire cela avec mes propres mots ? C’est impossible. 

Aujourd’hui, Axelle utilise tous ses talents et ses particularités pour la vulgarisation scientifique et la rédaction web. Mais bien sûr, elle garde également un pied dans le marketing. “Mon approche du design permet des audits subtils en UX, en rédaction de contenus de marque, ou en SEO. Car ma mémoire est une toile d’araignée unique à chaque concept. Si l’un des fils est rompu, je ne peux plus remonter la toile et alors je sais immédiatement ce qui cloche sur un site web”.

L' autisme dans le monde professionnel est un véritable atout !

L’autisme dans le monde du travail

Que connaissez-vous concernant la considération de l’autisme dans le monde professionnel ? Personnellement, à part ce qu’on me montre dans les récentes séries qui sont sorties sur le sujet, je n’y connais pas grand chose. 

Pourtant, on sait aujourd’hui qu’il s’agit de profil à forte valeur ajoutée. Leurs compétences méritent beaucoup plus de reconnaissance. “Nous sommes souvent très qualifiés, avec de hauts diplômes. Mais nous sommes peu intégrés dans le monde de l’emploi”. 

A l’heure où l’on parle de plus en plus de la valeur des profils atypiques en entreprise, pourquoi avons-nous autant de mal à faire confiance à des personnes atteintes d’autisme ? La peur. Les entreprises veulent des profils atypiques mais ils ont peur des profils qu’ils ne comprennent pas. 

Autre problème : la méconnaissance du sujet entraîne encore trop souvent un diagnostic tardif et des conditions de travail inadaptées. “Aujourd’hui, je me reconstruis après avoir été usée par les méthodes de travail habituelles”. 

Pourtant, il existe de nombreuses solutions pour adapter le monde du travail à l’autisme. Cela permettrait à la fois de répondre à leurs difficultés mais aussi, et surtout, d’exploiter au mieux leurs grandes compétences. Axelle nous donne plusieurs axes d’amélioration : 

  • “l’usage d’un marketing inbound pour éviter la prospection
  • l’automatisation des paiements
  • les générateurs de cahiers des charges. 

Ce sont des éléments clés de ma façon de travailler. Car ce sont mes boucliers pour me protéger, mais aussi ce qui me maintient au monde extérieur”.

Les leçons qu’Axelle retient de son parcours

Les leçons que retient Axelle de son parcours prouvent bien que nous avons énormément à apprendre des personnes atteintes d’autisme.

L’une des leçons essentielles pour Axelle, et pour tout freelance, c’est de suivre son instinct. “À chaque fois que j’avais un client que je ne sentais pas. Même si mon autisme me prive d’une certaine empathie (j’ai beaucoup de mal à décoder les visages et l’implicite sans mes méthodes de psycho), je n’ai jamais eu tort de me méfier”. 

La seconde habitude acquise par Axelle au fil de son parcours, c’est l’importance de l’organisation. “80% de temps d’organisation, pour 20% de temps d’exécution. Les non-autistes ont du mal avec l’organisation quelquefois… Ainsi, c’est souvent ce qui les sabote…”. A bon entendeur ! 

Les personnes atteintes d' autisme ont une autre façon de voir et d'analyser le monde qui nous entoure.

Enfin, la dernière leçon qu’Axelle souhaite nous partager est la suivante. “Cachez vos projets tant qu’ils ne sont pas réalisés… J’ai perdu trop de temps avec les gens qui ne croyaient pas en moi”. Et je rajouterai : “ou trouvez les personnes qui croient en vous autant, voire plus, que vous-même”. Mais en effet, il est essentiel de choisir avec attention les personnes à qui vous partagez vos projets. Si vous parlez de votre projet de tour du monde en bicyclette à quelqu’un de casanier, il y a de grandes chances pour que celui-ci vous décourage !

Un énorme merci à Axelle d’avoir accepté de partager son parcours sur ce blog. Vous pouvez retrouver son site Internet Via Nebula ici

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2 réponses sur “La belle histoire d’Axelle, ou quand l’autisme devient une force en freelance”

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