Des études de médecine à l’oenologie : la belle histoire de Marine

S’il y a un domaine d’études qui séduit beaucoup de monde, c’est bien la médecine. De nombreux lycéens décident d’emprunter cette voie mais les places y sont chères. Alors forcément, ce n’est pas fait pour tout le monde et de nombreux étudiants se trouvent obligés de changer de voie. 

Comment Marine est passée de la médecine à l'oenologie ?

C’est le cas de Marine qui, après une année de médecine, a poursuivi son parcours jusqu’à travailler dans l’oenologie. Ce choix n’était peut-être pas le plus évident. Mais aujourd’hui, il n’y plus de parcours linéaire (et ça n’a jamais vraiment été le cas finalement : la preuve). Changer de voie à 19 ans alors qu’on avait tout misé sur un parcours peut en stresser certains. Personnellement, si après 1 ou 2 ans d’études, je m’étais rendue compte que la communication n’était pas faite pour moi, je ne sais pas du tout ce que j’aurais fait. Mais le parcours de Marine pourra, j’en suis sûre, en rassurer plus d’un !

Un parcours scolaire de la médecine à l’oenologie

La reconversion après la PACES

J’ai connu Marine au lycée. Elle était en baccalauréat scientifique et souhaitait entrer en PACES (première année de médecine) pour devenir pharmacienne. Comme de nombreux étudiants, elle s’est vite rendue compte qu’il fallait sacrifier énormément de choses pour réussir en médecine. Après 1 an de dur labeur, elle se rend compte que les études et le métier ne sont pas faits pour elle. “ Le contact avec le patient/client ne m’intéressait pas”. 

Elle souhaite tout de même rester dans le domaine des sciences et poursuit donc ses études en DUT génie biologique. Et finalement, tout ne se passe pas comme prévu. “Je n’ai pas pu m’inscrire dans la spécialité que je voulais et je me suis retrouvée en spécialité agro-alimentaire, alors que je voulais me spécialiser en analyses biologiques pour travailler en laboratoire”. 

Et finalement, cette petite erreur de parcours va lui permettre de découvrir sa future profession. En effet, alors qu’elle n’y connaissait rien, elle a fini par prendre goût à l’agroalimentaire. “Je ne savais toujours pas ce que je voulais faire mais je savais que j’avais choisi la bonne voie. Jusqu’au jour où j’ai fait un exposé “de la vigne au vin”. C’est là que j’ai trouvé ma voie, je travaillerai dans le domaine du vin”. 

Passer de la fac de médecine aux études d'oenologie

L’école d’ingénieur et ses premières expériences dans l’oenologie

Après son DUT, Marine entre en école d’ingénieur en agronomie. Elle choisit des études généralistes afin de s’assurer un plan B en cas d’échec dans l’oenologie. Elle explique également : “j’ai choisi cette école afin de ne pas être trop spécialisée, de pouvoir m’ouvrir à l’agronomie car je ne suis pas du tout du milieu agricole et j’avais besoin de base aussi pour poursuivre mon parcours professionnel”.

Actuellement, Marine est en cinquième année à l’école d’ingénieur de Purpan en agronomie. Elle y suit des cours de management des filières viti-vinicole. L’an prochain, elle passera le Diplôme National d’Oenologue (DNO) afin de devenir œnologue. “Le but étant par la suite de travailler en tant qu’oenologue et d’aller de cave en cave pour aider les vignerons”.

L’oenologie et le vin : un cercle fermé ?

Une profession difficilement accessible

Les métiers du vin sont souvent perçus comme des professions fermées, accessibles uniquement par des personnes issues de ce milieu. Comme on pouvait le dire du métier de notaire, on pense parfois qu’être œnologue est une question d’héritage. Pourtant, Marine ne provenait absolument pas d’une famille agricole et encore moins viticole. “Je n’ai aucune famille dans cette filière, j’ai tout appris sur le terrain car même mes études ne portaient pas dessus”. 

Alors forcément, sa réussite, Marine la doit à toutes les rencontres et les expériences qu’elle a pu avoir. “Il faut savoir saisir les opportunités, se faire un maximum de contact. Le monde du vin, comme de nombreux domaines, est un monde assez petit. Il est difficile d’y entrer, surtout quand on vient d’une région absolument pas viticole mais une fois dedans, si on montre qu’on est passionné, ça ne peut que fonctionner”. 

Marine poursuit ses études dans l'agroalimentaire et le monde viticole

Un domaine répondant à de nombreux enjeux

Ce qui a plu à Marine, c’est également l’aspect un peu “secret” du monde du vin. Les métiers du vin sont très peu connus et l’on ne se rend pas compte de tout ce qui se cache derrière une production de vin. “Beaucoup de monde pense qu’il s’agit juste de fabriquer du vin à partir de raisin mais c’est en réalité plus complexe que ça. Les problématiques de l’agriculture concernant les impacts environnementaux s’appliquent au vin tout comme les problématiques en agro-alimentaire concernant les sulfites, le naturel (vin nature) ou encore le vegan”. De plus, la production de vin touche à la fois le monde agricole et agroalimentaire. Elle est donc influencée par les enjeux de ces deux secteurs. 

D’autres problématiques intéressent également Marine : “il y également les habitudes de consommation qui changent, et la partie historique du vin Français. Bref, il y a de nombreuses évolutions pour une culture qui ne se change pas du jour au lendemain. Il faut trouver des solutions pour satisfaire tout le monde”. 

Ce sont tous ces enjeux qui ont séduit Marine et qui l’ont convaincue de persister sur cette voie. “Je pense qu’il faut simplement être passionné pour fabriquer du vin mais également en comprendre les techniques et les enjeux qui en forment un domaine assez complexe mais simple et authentique à la fois”.

Une leçon de conviction et de persistance

Après quelques années à avancer sur cette voie, Marine en tire de nombreuses leçons. La principale : Toujours essayer, au cas où. “J’ai failli ne pas m’investir dans ce projet en me disant que de toute façon, ce n’était qu’un passage qui m’intéressait, que je ne réussirai pas parce que je n’étais pas issu du monde agricole et encore moins du monde viticole”. Pourtant, grâce à ses proches, elle persiste et finit par trouver son premier contact et son premier stage. 

Grâce à son investissement sans faille dès ses premiers stages, elle fait de nombreuses rencontres dans ce cercle plutôt fermé. “Depuis, je m’investis dans tout ce qui est possible dans ce domaine. J’ai été vice présidente de l’association vin de mon école d’ingénieur (ISA). J’ai fait de nombreuses rencontre au cours de mes stages, dans un cadre extra-professionnel, en me donnant toujours à fond et en faisant plus que ce qui m’était demandé. Je pense que c’est comme ça que j’ai réussi à en être là aujourd’hui”. 

L'oenologie, un monde fermé qui cache de nombreux enjeux

Pour Marine, il n’y a pas de mauvaise expérience et tout chemin est bon à prendre. Elle n’aurait jamais cru en entrant en médecine que quelques années plus tard, elle se dédierait à l’oenologie. Elle ne pensait pas, en réalisant un exposé sur le vin, découvrir le métier qui la ferait vibrer. Pourtant, c’est grâce à toutes ces expériences qu’elle en est là aujourd’hui. Elle conseille également à chacun de montrer un grand investissement et une belle motivation auprès de chaque personne rencontrée. Car on ne sait jamais ce que cela pourrait nous apporter à l’avenir.

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