La belle histoire d’Allison, journaliste, photographe, étudiante et serveuse, tout ça à la fois.

On connait tous une personne de notre entourage qui ne s’arrête jamais. A tel point qu’on se demande si elle dort parfois ou si elle a le même nombre d’heures que nous dans une journée. Vous voyez de quoi je parle ? Une personne journaliste, chirurgienne et avocate, tout ça à la fois…

Bon, et bien dans mon entourage, c’est Allison. Quand je réfléchis à tout ce qu’elle fait dans ses journées, je me demande sérieusement si elle ne possède pas des super pouvoirs. Celui de ralentir le temps, probablement. 

Je vous présente Allison : étudiante, journaliste et photographe.
Photographe : Thibaut Duquenne

Allison, l’étudiante couteau-suisse

Si vous vous rappelez vos années étudiantes, vous devez certainement vous souvenir des cours et des soirées. Et déjà là, ça vous prenait pas mal de votre temps. Imaginez-vous maintenant être étudiant, journaliste, photographe, serveuse et membre d’une association. Un petit coup de baguette magique et, pouf, ça donne Allison. 

Lorsque je demande à Allison de se présenter, ça donne ça : “Je suis une lilloise de 23 ans, étudiante en deuxième année de master de journalisme. En parallèle, je suis également photographe, serveuse dans un café, correspondante pour la Voix du Nord, et chroniqueuse/photographe pour Ça C’est Culte. Ça fait pas mal de choses”. Sans blague.

Une prépa littéraire et une double licence

Pour en arriver là, Allison a commencé par passer 2 ans en classe préparatoire aux grandes écoles en lettres et sciences sociales. A l’époque, elle sait qu’elle souhaite devenir journaliste et cherche, à travers cette prépa, à gagner en culture générale. Mais il y a une autre raison à ce choix : “Aussi, je suis partie en prépa car j’étais bonne élève, mais le type de bonne élève qui ne bosse pas, ou peu… Je me suis dit qu’en prépa, je n’aurais pas le choix que d’apprendre à travailler, à m’organiser. Et ça s’est avéré vrai !”. 

Suite à ces deux années de prépa, Allison a réalisé une double licence en histoire et LLCE anglais. Pourquoi une double licence ? Parce qu’elle avait peur de s’ennuyer en licence classique. Toujours cette histoire de super pouvoirs… 

Photo prise par Allison
Au départ de Porte des Postes, le cortège contre le racisme a déambulé dans les quartiers populaires pour enfin rejoindre la manifestation contre la précarité, à 15h30. Entre 100 et 200 personnes ont ainsi manifesté contre le climat islamophobe.
Photographe : Allison Blomme.

Une césure en Ecosse et en Espagne

Après ces années de dur labeur, Allison n’a qu’un seul regret. “ Je regrettais de ne pas avoir étudié à l’étranger. Ca faisait partie de mon rêve, vivre dans un autre pays”. Et pas question pour Allison d’avoir des regrets ! C’est pourquoi elle décide de prendre une année de césure qu’elle partage entre l’Ecosse et l’Espagne. Elle travaille pour une auberge de jeunesse à Édimbourg et dans un Bed & Breakfast à Malaga

Le seul problème, c’est que pendant ces beaux voyages, elle en oublie presque les concours des écoles de journalisme qui l’attendent à son retour. “Je ne conseille pas de passer une année à l’étranger en préparant un concours, c’est un mauvais plan, vous risquez de faire tout sauf réviser !”. 

Un master pour devenir journaliste

Allison décide donc de réaliser un Master de journalisme à l’Université Catholique de Lille. Et c’est là que les choses sérieuses commencent. C’est à cette période qu’elle se forme en photographie pour devenir photographe professionnelle. Elle devient également journaliste pour le magazine culturel Ça C’est Culte pour lequel elle court les salles de concert à travers la région. Et comme si ça ne suffisait pas, Allison devient correspondante pour la Voix du Nord à la fin de son Master 1, travaille dans un café pour financer ses études et rejoint une association caritative. 

Photo d'un concert par Allison
Photographe : Allison Blomme.

Une femme journaliste, ça donne quoi ?

S’il y a bien un sujet pour lequel Allison se sent concernée, c’est la place des femmes dans les professions médiatiques. “Le féminisme est au centre de mes projets. J’ai à cœur de promouvoir les femmes, de leur donner plus de visibilité”. Dans son domaine de prédilection, le journalisme, la parité est bien respectée. “En 2018, il y avait 53% d’hommes journalistes contre 47% de femmes, parmi les détenteur.ice.s de la carte de presse”.

En revanche, si l’on creuse un peu plus, on remarque quelques inégalités. “Côté télé et radio, il y a plus d’hommes que de femmes. Pareil pour la photo. En presse écrite, les hommes sont plus présents en presse quotidienne régionale et nationale, alors que les femmes sont en majorité dans la presse magazine… Et je ne parle pas des thématiques particulières”. Bien sûr, comme on peut s’y attendre, on retrouve plus de femmes dans les thématiques culturelles, et davantage d’hommes dans la politique ou le sport. 

Une femme journaliste

C’est pourquoi Allison a rejoint le collectif Prenons La Une. Il s’agit d’un collectif de femmes journalistes qui se bat pour l’égalité complète dans la profession. Allison se bat également pour que toutes les minorités et toutes les classes sociales soient représentées. “Le journalisme n’est pas un privilège de classe moyenne et supérieure. C’est d’abord un outil citoyen”.

La Ligue du LOL

Cette difficulté d’intégration dans le monde médiatique a été très largement mise en avant avec l’affaire de la Ligue du LOL. Pour rappel, il s’agissait d’un groupe de professionnels (principalement des journalistes) qui harcelait depuis plusieurs années certains de leurs confrères sur les réseaux sociaux (Twitter notamment). Certains propos étaient clairement sexistes, c’est d’ailleurs pour ça que la Fondation des femmes avait lancé une cagnotte pour financer les procédures juridiques. On pouvait également trouver des propos racistes ou homophobes.

Devenir journaliste : une voie compliquée

“Quand je disais à mon entourage que je souhaitais devenir journaliste, on me rétorquait souvent que c’était un milieu bouché, difficile à intégrer, etc.”. Mais comme beaucoup de jeunes, Allison est têtue et elle sait ce qu’elle veut. Et on en revient à ce que je disais dans un article précédent. Les jeunes ont beaucoup de rêves et ne veulent pas faire de compromis. Mais c’est une bonne chose lorsque l’on est prêt à se donner les moyens. “ Il ne faut pas s’empêcher de rêver. Mais à côté de ça, il faut tout faire pour réaliser son rêve”. 

Allison court les salles de concert
Isabelle Casier, chanteuse et guitariste du groupe Pollyanna, en concert à l’auditorium du Métaphone de Oignies, le 15 janvier 2020.
Photographe : Allison Blomme.

Allison savait que la voie qu’elle avait choisi n’était pas la plus simple. Mais aujourd’hui, énormément de voies deviennent compliquées. Et nous ne sommes clairement pas une génération de compromis. Nous voulons faire tout ce que l’on aime et uniquement ce que l’on aime. Et quand on voit tout ce que réalise Allison pour atteindre ses objectifs, on ne peut qu’admirer cette volonté de réussir. “Tout est possible, tant qu’on s’en donne les moyens”.

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