La belle histoire de Marion : Que faire lorsque mes projets ne correspondent plus à mes valeurs ?

Lorsque j’ai commencé à réfléchir à ces portraits pour mon blog, Marion a été l’une des premières personnes à laquelle j’ai pensé. Je voulais raconter l’histoire de personnes avec un parcours atypique. Des histoires qui délivreraient un beau message, authentique et plein d’espoir. 

Alors forcément, Marion était la femme de la situation ! Oui oui, c’est vrai, peu importe ce qu’en dit ton syndrome de l’imposteur Marion 😉 Un parcours atypique, ça c’est sûr, elle a. Passer des bancs d’une école de marketing aux serres d’un maraîcher, tu parles d’une reconversion professionnelle !

La reconversion professionnelle dans le maraîchage de Marion

L’école de marketing

J’ai rencontré Marion dans les couloirs d’une école de Marketing lilloise. C’est dans cette école que nous avons réalisé notre licence de Communication durant 3 ans. Nous apprenions l’économie, le marketing, les relations presse ou encore l’événementiel. Durant ces trois années, Marion s’est rendue compte que l’école ne lui correspondait pas tellement : “il n’y avait pas assez de cours créatifs et c’est pourtant ce qui me plaisait le plus. Et je ne me retrouvais pas dans les projets qui nous été proposés et les valeurs qu’ils portaient”. 

En parallèle de cette remise en question, la période des élections présidentielles arrive. Vous allez me dire “mais qu’est-ce que ça a à voir avec la choucroute ?”. Ces élections entraînent chez beaucoup de jeunes une prise de conscience écologique. C’est le cas pour Marion. Je ne sais pas dans les autres villes, mais à Lille, c’est le cas pour énormément d’étudiants. Seul problème : “Je ne me retrouvais encore une fois nul part. J’avais l’impression que les sujets qui me semblaient fondamentaux passaient là aussi au second plan”. 

La prise de conscience de Marion

Marion, à défaut de pouvoir compter sur la politique, décide de se renseigner d’elle-même sur l’écologie, le zéro déchet, etc. Elle crée son premier potager à cette même période.

Côté études, elle part dans une autre école qui est davantage tournée vers le graphisme et le design. “Ça m’a beaucoup plu. J’ai fait de belles rencontres et on abordait des sujets qui m’intéressaient vraiment”. Elle se rend compte qu’elle peut utiliser ses compétences au service des sujets qui lui tiennent à cœur. 

Marion développe ses compétences en graphisme

En fin d’année scolaire, elle doit choisir de réaliser l’identité visuelle d’une organisation. Elle décide de réaliser celle d’un maraîcher, trouvant intéressant que cette profession ne s’attarde que rarement sur sa communication. Elle fait donc de nombreuses recherches sur l’agriculture. Le sujet commence à prendre de plus en plus d’importance dans sa vie. Son copain s’y intéresse également et ensemble, ils développent de plus en plus leur passion pour ce domaine. Ils décident d’en faire leur métier. 

Le brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole (BPREA)

Bon, c’est très bien tout ça mais avec les études de communication de Marion et la licence STAPS de son copain, on ne va pas bien loin. Ils se renseignent alors sur la possibilité de réaliser un BPREA tout en restant proche de Lille. Bingo ! L’Institut de Genech propose cette formation dans ses locaux à Lesquin

Après une première prise de contact avec l’école, Marion est découragée. Elle a échangé avec une employée de l’école et elle n’a rien compris si ce n’est que c’était impossible pour elle de suivre cette formation. Impossible ?! Quelle idée… Une personne de son entourage travaillant dans l’école la rassure. Le parcours est en effet prévu pour les reconversions et est donc ouvert à tout le monde, peu importe leur parcours d’origine. 

En novembre 2018, Marion retourne donc sur les bancs de l’école. A une différences près : ses camarades de classe sont tous en reconversion professionnelle et ont pour certains jusque 60 ans. Et vous savez quoi ? Ça lui plait ! “Je me suis retrouvée entourée de gens qui avaient les même convictions, animés par les même envies de changement de vie et de société. J’ai trouvé la multiplicité des parcours fascinante et inspirante”.  Marion décide de suivre la formation à distance afin de pouvoir travailler à côté et payer ses études. “Je recevais mes cours par mail et je devais simplement me rendre à une réunion mensuelle sur place. Nous avions également une semaine de pratique par mois où nous rencontrions des professionnels et où nous réalisions des projets concrets”. 

Le lever du soleil à travers les serres

Le sacro-saint CDI

Après 1 an de formation, Marion passe ses examens. Oui mais voilà, pour valider le diplôme, elle doit justifier d’un an d’expériences professionnelles. Et le compte n’y est pas… Elle décide donc avec son école de repousser la validation de ses examens afin qu’elle puisse travailler et avoir cette année d’emploi. 

Pendant 11 mois, Marion travaille dans une chaîne de magasins alimentaires bio. Et cette expérience lui confirme une chose : elle n’est pas faite pour le salariat. Après avoir vu la plupart de ses collègues démissionner, elle en fait de même et part pendant 1 mois en Bretagne pour faire du wwoofing. Avec son copain, ils travaillent dans 3 fermes différentes et cette expérience les rassure dans leurs choix de vie. “On se rend compte qu’il y autant de façon de faire du maraîchage qu’il y a de maraîchers sur Terre, c’est très encourageant et cette expérience a été très inspirante ! Ça nous permet aussi de discuter des difficultés rencontrées : l’accès au terrain, les rivalités avec les voisins agriculteurs, les cultures ratées…”.

Aujourd’hui, Marion a hâte de se lancer et de vivre de sa passion. En attendant, elle travaille pour pouvoir acheter un terrain et gagner en expérience. “Il est très difficile d’acheter un terrain dans le Nord. Ici, les prix sont beaucoup plus élevés qu’ailleurs et les grosses exploitations agricoles rachètent tous les terrains disponibles”. Pas simple donc, mais la motivation et la passion sont au rendez-vous pour les faire avancer.

Une reconversion professionnelle risquée

Marion est consciente des difficultés de cette reconversion professionnelle. Lorsque je lui dis que je trouve ça courageux, elle répond : “ce n’est pas moi qui suis courageuse. Ce sont ceux qui continuent à faire quelque-chose même si cela leur demande énormément de compromis”. 

Marion se passionne pour l'agriculture

En effet, si Marion a changé de voie, c’est pour ne plus avoir à faire de compromis. “Tu n’es pas sur terre pour faire un truc qui ne te plait pas. Je voulais être 100% satisfaite”. Travailler dans une entreprise, respecter les consignes, subir la pression, ce n’était pas fait pour elle. Cet état d’esprit est, selon moi, très représentatif de notre génération. Et je trouve que c’est top ! (Dans un prochain article, je vous expliquerai pourquoi je trouve que “vouloir le beurre et l’argent du beurre” est une bonne chose.)

Si Marion a osé effectuer cette reconversion, c’est également grâce à son entourage. Son père et sa mère ont tous les deux repris des études pendant leur carrière pour changer de profession. Alors, forcément, elle savait dans quoi elle se lançait. “Si tu veux quelque chose de très précis, ou au contraire, si tu veux faire plein de choses à la fois, ça ne tient qu’à toi de créer ta propre voie”. 

Ça ne sera pas simple, Marion s’en rend compte. “Le diplôme n’est qu’une première étape, le plus dur reste à venir”. Mais pour autant, elle ne regrette rien. Et elle le conseille même aux personnes qui pourraient hésiter. “Il ne faut pas avoir peur de la reconversion. Ecoutez-vous, soyez exigeants et osez créer vos propres opportunités”. 

Vous êtes un professionnel de l’agriculture ? Vous souhaiteriez communiquer sur votre activité ?

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