Comment l’agriculture urbaine peut-elle améliorer la vie en ville ?

Détroit, Los Angeles ou encore la petite ville de Todmorden en Angleterre sont toutes des exemples de villes qui utilisent l’agriculture urbaine pour améliorer les conditions de vie de ses habitants. Dans ces villes, grâce à la volonté de la population, les pissenlits ont été remplacés par des tomates et des fraises, et du maïs se retrouve à pousser devant le commissariat. 

Jardiner, partout !

L’agriculture urbaine se définit simplement par la culture de plantes et l’élevage d’animaux dans et autour des villes. On en trouve de plus en plus à travers le monde mais cette nouvelle forme d’agriculture a commencé dans des villes où la population faisait face à un manque de nourriture fraîche, comme à Détroit. Le constat était simple dans ces métropoles : la plupart des habitants vivaient plus près d’un fast food que d’un supermarché vendant des aliments frais.

Quelques exemples de villes à l’origine de l’agriculture urbaine

Détroit, Etats-Unis

Détroit était une ville industrielle monoculture où la majorité des personnes travaillaient pour l’industrie automobile. En 1960, toutes les usines quittent la ville et beaucoup de monde perd son emploi. Depuis, la population est passée de 2 millions à 700 000 habitants. La plupart des gens qui sont restés étaient pauvres et il est devenu quasiment impossible de trouver des fruits et des légumes à Détroit. 70% de la population avait donc des problèmes d’obésité. Pour améliorer la situation, quelques habitants décidèrent de créer des fermes et des potagers urbains. Ils en créèrent 1500 et une coopérative de 70 fermiers, appelée Grown in Detroit, commença à cultiver et vendre ensemble. Leur but était et reste : produire de la nourriture dans la ville par les habitants et pour les habitants.

Les rues colorées de Détroit

South Central Los Angeles, Etats-Unis

Dans le quartier de South Central Los Angeles, la situation était similaire. La population était composée majoritairement de familles de classe moyenne et la nourriture fraîche devenait de moins en moins commune. Pourtant, la ville avait beaucoup d’espaces vacants qui pouvaient être cultivés. En remarquant cela, un homme a commencé à cultiver des fruits et des légumes sur le trottoir en face de sa maison. Bien entendu, la police lui a demandé de retirer ses plantations. Mais la communauté a décidé de le défendre ce qui lui permit de garder son petit potager. Depuis, les potagers urbains poussent partout dans la ville, bouleversant les conditions de vie des habitants. 

Todmorden, Angleterre

Le dernier exemple se trouve cette fois-ci au nord de l’Angleterre dans une petite ville appelée Todmorden. Tout comme Détroit, cette ville a connu une crise industrielle. Son activité principale a été, durant de longues années, l’agriculture. La ville étant entourée de collines et de terres fertiles, il s’agissait de l’endroit parfait pour commencer le mouvement, aujourd’hui mondialement connu, des Incredible Edible (ou les Incroyables Comestibles). Quelques habitants ont commencé à planter quelques légumes dans des espaces inoccupés sans aucune autorisation, initiant ce mouvement avec une simple question : quel futur pour nos enfants ?

Ces 3 villes ne sont que quelques exemples d’un mouvement croissant. Avec toutes les crises auxquelles nous faisons face, de plus en plus de personnes s’en remettent à l’essentiel : la nourriture. Et croyez-moi, les bénéfices sont beaucoup plus importants que le simple fait d’avoir des aliments frais dans son assiette.

Miel urbain ?

L’agriculture urbaine : une nouvelle façon de se nourrir

Bien sûr, l’objectif premier de ce mouvement est de nourrir la population. La problématique est simple : comment nourrissons-nous 9 milliards d’habitants d’ici 2050 tout en sachant que 70% d’entre eux vivront en ville ? Nous connaissons des crises financières et économiques mais que ferons-nous le jour où cette crise alimentaire arrivera ? L’agriculture urbaine permet donc à la fois de mettre à profit chaque espace disponible mais également de cultiver notre nourriture au plus proche des consommateurs. Il s’agit également d’une bonne alternative à l’agriculture intensive qui appauvrit nos sols. Bien sûr, un changement dans nos habitudes alimentaires est également nécessaire. Aujourd’hui, notre alimentation se base sur 20 plantes et 70% d’entres elles sont des céréales. Pourtant, cette alimentation de viandes, céréales et produits laitiers n’est bonne ni pour notre santé, ni pour l’environnement. Nous devons revenir à une alimentation plus simple et saine, principalement à base de fruits et de légumes, et avec des portions équilibrées de viandes (voire plus du tout) et de céréales.

Recréer du lien social grâce à la nourriture

Créer du lien social au marché

En France, nous connaissons l’importance de la nourriture dans la création de liens sociaux. Les repas familiaux à rallonge en sont la preuve ! Mais l’agriculture urbaine va au-delà de ce constat. La consommation de nourriture a certes un impact social mais la production également ! Les habitants d’une ville se rencontrent et échangent tout en cultivant et récoltant des fruits et des légumes. Ils passent également plus de temps dans la rue puisqu’ils ne font plus qu’uniquement se rendre d’un point A à un point B. Dans des villes comme Détroit ou South Central LA, le voisinage n’était pas toujours très accueillant mais l’agriculture urbaine a permis de créer de beaux espaces verts et des bâtiments chaleureux pour vendre les produits et cuisiner ensemble. 

Éduquer les jeunes générations avec le jardinage

Enfin, ce mouvement permet à la fois de créer un lien intergénérationnel et d’éduquer les plus jeunes générations. Jardiner permet de montrer aux enfants ce qu’ils peuvent faire avec leurs mains. Pour les jeunes les plus démunis, cela leur prouve qu’ils peuvent faire quelque-chose d’utile et aider leur communauté. A Détroit, 60% des enfants vivent dans la pauvreté et moins de 50% de la population de plus de 16 ans possède un travail. Cela entraîne énormément de criminalité et d’illettrisme. L’agriculture permet à la fois de donner de l’espoir mais également une occupation. Elle aide également les jeunes à changer leur relation à la nourriture et à mieux comprendre ce qu’il y a dans leur assiette. Les tomates ne poussent pas dans du plastique avec une étiquette dessus. Cela prend du temps et demande de l’attention pour pouvoir manger sa propre nourriture. Cette nouvelle perception peut aider dans nos pays occidentaux où l’obésité est de plus en plus importante. De plus, le jardinage leur montre comment la nature fonctionne et aide à éduquer des générations plus respectueuses de l’environnement. 

Les enfants ont la main verte !

L’agriculture urbaine, la solution contre l’agriculture intensive

Aujourd’hui, nous nous reposons sur une agriculture intensive, en pensant que notre intelligence et nos innovations permettront d’éviter la catastrophe. Mais les ressources ne sont pas éternelles et toute l’intelligence humaine ne saurait suffire à contrer les lois de la nature. 

Agriculture intensive ou fermes urbaines

Il y a 200 ans, les fermiers reflétaient des valeurs de communauté. Ils connaissaient leurs consommateurs et les consommateurs savaient d’où provenait leur nourriture. De nos jours, l’agriculture ne reflète que des valeurs de déconnexion, d’ignorance et de destruction. Nous n’avons aucune idée de l’origine de notre alimentation et de la façon dont elle est produite. Mais plus important encore, l’agriculture, au lieu de créer de nouvelles choses, détruit les sols. L’agriculture intensive diminue considérablement la valeur nutritionnelle des fruits et légumes. En fait, nous produisons plus car nous consommons plus. Mais cette hausse de la consommation est due à l’appauvrissement de la valeur nutritionnelle des aliments. Et si on mettait fin à cette boucle infernale en repensant notre façon de consommer, et plus simplement encore, notre façon de manger ?

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