Humain ou technologie : comment répondre à l’inattendu ?

« L’inattendu est devenu la norme ».

C’est beau, n’est-ce pas ? Cette phrase, je l’ai entendue dans un TED Talks de Margaret Heffernan. Si vous ne savez pas de qui il s’agit, je vous rassure, moi non plus je ne le savais pas. Margaret Heffernan est à la fois écrivaine, entrepreneure et conférencière. A mon avis, elle fait partie de ces personnes trop intelligentes pour rester inconnues. Alors allez jeter un coup d’oeil à sa conférence “The human skills we need in an unpredictable world”.

Margaret Heffernan

L’efficience de la technologie

Je préfère vous prévenir, si vous êtes de fervents défenseurs de l’intelligence artificielle et de la digitalisation de notre économie, vous risquez de ne pas être totalement d’accord avec ce qu’elle dit. Mais c’est une raison de plus pour écouter ce qu’elle a à dire ! Il n’y a que très peu d’intérêt à n’écouter que des gens qui pensent la même chose que nous. 

Pour être tout à fait honnête avec vous, j’ai un avis très partagé sur le sujet des nouvelles technologies. Je suis rédactrice web, j’ai rédigé des articles sur les nouvelles technologies pendant près d’un an et je vis à Lille où, entre la Plaine Images et Euratechnologies, nous sommes plutôt bien servis en start-up numériques. Alors, oui, je trouve la révolution digitale extrêmement intéressante. Je suis convaincue que ces nouvelles technologies ont un réel intérêt pour le développement économique mais aussi social de nos sociétés. 

Mais… Oui s’il n’y avait pas de mais, je n’aurais pas écrit un article sur le sujet. Au mieux, j’aurais tweeté “j’adore les nouvelles technologies”. Donc, je suis une adepte de la transformation numérique mais je le suis beaucoup moins de la dépendance humaine à la technologie. Les innovations permettent de faire à notre place, mais cela devient problématique lorsqu’elles commencent à penser à notre place

Robot Pepper

Dans sa conférence, Margaret Heffernan estime que la technologie est efficiente lorsque l’on peut prédire avec plus ou moins d’exactitude ce qu’il va se passer. Mais comme énoncé précédemment, “l’inattendu est devenu la norme”. Lorsque des anomalies ou des événements imprévus arrivent, la digitalisation perd toute son efficience. Une machine ne peut pas prévoir qu’un patient arrivera à l’imprévu car son fils s’est cassé la jambe. Elle ne pourra pas non plus prévoir qu’un incendie se déclarera ou qu’un magazine révélera les pratiques douteuses d’un dirigeant d’entreprise. 

L’Homme ne peut donc pas compter sur la technologie pour connaître l’avenir. Il ne peut pas non plus compter sur ses connaissances car, a priori, personne ne sait avec certitude ce qu’il va se passer à l’avenir (non, on ne fera pas de débat sur les prédictions mayas ou sur les diseuses de bonne aventure). Alors, comment faire pour faire face aux aléas futurs ?

Faire « au cas où »

Nous ne pouvons pas compter sur nos connaissances ou sur notre supposée expertise pour savoir de quoi sera fait l’avenir. Comme le souligne Margaret Heffernan, se déclarer expert d’un sujet ne suffit pas. Nous pouvons savoir par exemple que nous faisons face à une crise climatique mais nous ne saurons pas où et quand aura lieu l’énième incendie de forêt. 

Scientifique

Pour les entreprises, ces éléments inattendus peuvent changer du tout au tout leur activité. Les bouteilles et pailles en plastique sont passer d’incontournables à inacceptables en un rien de temps. La France est passée de destination touristique incontournable à pays instable à la suite d’attentats ou de mouvements de protestation. 

La solution, selon Margaret Heffernan, c’est de ne plus travailler en flux tendus (“just in time”) mais de travailler au cas où (“just in case”). Bien sûr, cette solution ne nous rend pas efficients car une partie du travail fourni ne sera peut-être jamais rentabilisée. Mais cela nous rend plus forts. Travailler au cas où nous prépare aux changements imprévus. 

Et suite aux bouleversements économiques des dernières années, de nombreux exemples illustrent cette méthode “just in case”. Les banques notamment doivent avoir des réserves plus importantes suite aux différentes crises financières. Ces réserves ne sont pas efficientes mais elles les préparent aux aléas qui pourraient les toucher. De nombreux pays essayent de diversifier leur économie afin de ne pas reposer uniquement sur une activité. Cela leur permet de ne pas être dépendant d’un seul marché. Le “just in case” n’est pas facile et demande énormément de réflexion. La preuve, nous avons déjà du mal à penser à prendre un parapluie au cas où il se mettrait à pleuvoir ! Alors revoir tout le fonctionnement de son entreprise en prévision de crises, quelle galère… 

Ce que j’en pense

Je vous l’accorde, c’est un peu prétentieux d’appeler cette partie “ce que j’en pense”. Et vous vous dites peut-être que ce que j’en pense n’a pas énormément d’importance mais n’empêche que si vous lisez ceci, c’est que le titre ne vous a pas fait fuir. 

Comme je vous l’ai dit un peu plus haut, j’ai une relation complexe aux nouvelles technologies. Le débat de l’innovation et de l’intelligence artificielle fait beaucoup de bruit. De plus en plus même. Mais la réponse est bien plus profonde que “oui je suis pour” ou “non je suis contre”. La digitalisation de nos modes de vie est quelque-chose de merveilleux car il permet de simplifier notre vie, il permet de rapprocher les gens, d’apprendre, de se divertir. Mais tout ne doit pas être digital pour autant. 

La technologie au service de l'humain

Il y a peu, j’ai lu un article qui parlait de l’installation d’infrastructures en forme de fleurs dans une grande ville française. Cela devait apporter de l’ombre et de la fraîcheur aux habitants urbains. Bon, est-ce que j’ai besoin de souligner l’absurdité de cette “innovation” ? La nature est si bien faite qu’elle met à notre disposition… des arbres. Des arbres qui apportent eux aussi de l’ombre et de la fraîcheur. Alors pourquoi vouloir toujours innover alors qu’il suffit parfois de revenir à l’élémentaire ?

A la fois la nature et l’être humain présentent des compétences plutôt extraordinaires qui nous permettent de nous adapter aux évènements inattendus. Mais si on continue de s’appuyer entièrement sur les nouvelles technologies, on perd petit à petit ces compétences innées. 

“Nous sommes riches en talents d’inventivité et d’exploration […]. Nous sommes suffisamment courageux pour inventer des choses qui n’existent pas”, déclare Margaret Heffernan. Alors, utilisons notre inventivité, notre imagination et notre esprit aventurier pour, si ce n’est prévoir l’avenir, faire preuve de plus de souplesse et de tolérance face au changement. 

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